Loin de sa Provence natale, la pétanque gagne du terrain en Afrique

Drôle 18 novembre, 2008

Loin de sa Provence natale, la pétanque gagne du terrain sur le continent africain, qui a accueilli pour la première fois, du 12 au 16 novembre à Dakar, les championnats du monde de cette discipline, un Sénégalais ayant même décroché le nouveau record du monde en tir de précision.Quatorze pays africains ont fait leurs preuves lors de cette compétition. En tir de précision, Abdel El Mankari (Maroc), François Ndiaye (Sénégal) et Boureïma Ouedraogo (Burkina) ont raflé les trois premières places.En demi-finales de tir, M. Ndiaye a atteint 64 points, battant ainsi le record du monde détenu jusqu’alors par François Quintais (62 points), actuel entraîneur de l’équipe de France.Deux pays, Madagascar et le Maroc, se sont même hissés jusqu’en quarts de finales du Championnat.”Nous pressentions ces victoires depuis longtemps.

Même le Bénin avait été vice-champion du monde en tir de précision en 2004, puis médaillé de bronze en 2004, et en argent en 2005 à Bruxelles”, se félicite le président de la Fédération béninoise, Emile Mensah.Et de conclure: “voilà encore des exploits qui montrent que l’Afrique fait de gros efforts” en pétanque, sport né en Provence (France) en 1907. Ce jeu passionne de plus en plus de jeunes joueurs africains. Le Burkinabé Marius Ouoba, champion de la Coupe d’Afrique des Nations de 2006, pratique la pétanque depuis l’âge de huit ans et a débuté la compétition au début des années 1980, grâce aux “expatriés français qui (l)’ont attiré vers ce sport”.Son homologue burkinabé Raphaël Kiema, 33 ans, capitaine de l’équipe nationale, est technicien à l’université de Ouagadougou. La pétanque lui permet de “décompresser après une journée de travail”. Pour garder la main, il joue avec “des amis du quartier”.Mais le prix des boules n’est pas accessible à ces amateurs. “Les boules les plus performantes peuvent coûter jusqu’à 120 ou 130 euros le lot de trois boules” précise Alpha Camara, secrétaire général de la Fédération guinéenne de pétanque.Pour surmonter cet obstacle financier, les amateurs se rabattent sur des boules usagées. “Les boules de seconde main sont plus accessibles pour nous. Elles coûtent moins cher que les boules neuves: entre 15.000 et 20.000 FCFA (23 à 30 euros) pour une triplette”, explique M. Kiema.La pétanque est apparue en Afrique francophone à partir de la période coloniale. “La pénétration étrangère s’est faite par des missionnaires. Les étrangers qui venaient découvrir l’Afrique venaient avec leurs boules. Ils s’amusaient au bord des plages”, raconte le président de la Confédération africaine de sport de boules, Honorable Idrissou Ibrahima.Au Burkina Faso,”la pétanque a été introduite vers les années 1950 avec les expatriés français qui y étaient comme enseignants et comme conseillers techniques”, témoigne Salif Ouedraogo, ancien administrateur civil à la retraite et président de la Fédération burkinabé de pétanque.A ses débuts, M. Ouedraogo s’entraînait dans “les cours des établissements scolaires ou les centres où les Français se retrouvaient”. Aujourd’hui, les boulistes de Ouagadougou jouent “sur certaines bordures de route ou dans des espaces vides non utilisés”, explique M. Ouedraogo.Cette disciple, longtemps confinée au rang de simple loisir, s’est peu à peu structurée. A l’échelle nationale, des fédérations et des ligues ont été créées.En 2004, une Confédération africaine de sport de boules a vu le jour. “Nous avons plus de cent mille licenciés”, se réjouit le président de la Confédération.Et, tout un symbole, la confédération africaine avait organisé sa première Coupe d’Afrique des Nations en 2007 à Cotonou (Bénin), afin de commémorer les cent ans de cette discipline.

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Doc Gynéco: “On m’a traité de Bounty parce que j’étais à droite”

Peaple 18 novembre, 2008

Le rappeur Doc Gynéco, dont le nouvel album, “Peace Maker” (Archambault), sort lundi, affirme dans un entretien à l’AFP avoir souffert des critiques après son engagement politique aux côtés de Nicolas Sarkozy.

Ce disque est mis en sons par le trio de producteurs Da Cream Chantilly, dont fait partie Pierre Sarkozy, un des fils du Président de la République, sous le pseudonyme de Mosey.

Q: Comment est née votre collaboration avec Pierre Sarkozy?

R: “Je l’ai rencontré dans un meeting, il était très discret. J’ai ensuite appris qu’il était tellement amoureux du hip hop qu’il avait caché qu’il était le fils du ministre de l’Intérieur pour faire des compositions à des rappeurs hardcore qui critiquaient son père. Lui et son collectif sont humbles et passionnés de hip hop. Ils auraient aimé être noirs et moi qui suis métis, je veux leur faire comprendre que, blancs comme ils sont, ils peuvent faire aussi bien que les Noirs américains!”

Q: Votre engagement auprès de Nicolas Sarkozy vous a valu des critiques…

R: “On m’a traité de Bounty, noir à l’extérieur et blanc à l’intérieur, parce que j’étais à droite. Pour certains, la politique est une histoire de race ou de classe sociale: un ouvrier ne peut être que communiste et moi qui suis métis, je ne peux être que socialiste. C’était très violent et nouveau: c’est des attaques qui font mal, on ressent des douleurs qu’on ne connaît pas.”

Q: Les chansons “Ma route” et “Céleste” sont des réponses à ces critiques?

R: “Oui, des réponses par l’humour. +Céleste+ est une réponse à Ségolène Royal, qui avait dit +Doc Gynéco n’est pas Victor Hugo+. Plus jeune, je pensais que c’était la droite le parti dur. Je les voyais l’air austère, moins marrants, plus âgés et je me disais: +Ceux-là, ils sont pas cool, c’est les méchants+. Et ben non: sous son air cool, la gauche peut être très violente.”

Q: Regrettez-vous de vous être engagé publiquement?

R: “Je regretterais davantage de me mentir à moi-même. Je me suis senti prêt à m’engager. On a plus de place à droite pour s’exprimer en tant qu’artiste alors qu’il y a des milliers d’artistes de gauche.”

Q: Que pensez-vous du fait que Christine Angot évoque votre liaison dans son dernier livre?

R: “Je m’inspire moi aussi des gens pour mes chansons, un artiste ne fait que ça. Je suis sorti avec une fille qui écrit, ce qui était une façon de me rapprocher des mots, avec mon passé de jeune qui n’a pas dépassé le collège. Mais pour certains, la littérature est un cercle fermé. Tout le monde lui a demandé: +Qu’est-ce que tu fais avec un type comme ça?+, alors que si elle avait été avec Sollers, ç’aurait été normal. C’était courageux de sa part, comme de celle de Sarko, à qui on disait la même chose. C’est des gens qui m’ont aidé et permis de voir autre chose.”

Q: Vous avez été condamné fin octobre à dix mois de prison avec sursis pour fraude fiscale…

R: “Quand j’étais petit, ma mère n’était pas imposable. Donc, moi, j’avais jamais vu ça, je ne savais pas. On est revenu sur un truc de 1999, j’ai dû payer trois fois plus et je l’ai fait de bon coeur.”

Q: Pourquoi ce recentrage sur la soul et le funk dans ce nouvel album, alors que les précédents étaient plutôt variété?

R: “A l’époque de titres comme +Classez-moi dans la variét’+, je voulais que le rap puisse être écouté par la première de la classe. Je sentais qu’on s’enfermait sur nous-mêmes. Jusqu’à ce que je me rende compte que le funk, la soul, c’était une bonne +vibe+, une musique pour danser. La soul, la danse, c’est la musique qu’il me faut pour les textes que j’écris.”

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